Elodea canadensis : la plante aquatique modèle des SVT
Originaire d'Amérique du Nord et devenue envahissante en Europe, l'Elodée du Canada est un modèle biologique apprécié pour sa simplicité, sa robustesse et son intérêt pédagogique en TP.
Présente dans presque tous les laboratoires de SVT, l'Elodea canadensis (élodée du Canada) est devenue, en un siècle, la plante de TP la plus utilisée d'Europe. Mais derrière ce statut de "matériel pédagogique" se cache une histoire d'invasion biologique remarquable.
Caractères botaniques
Elodea canadensis est une plante aquatique submergée de la famille des Hydrocharitacées. Sa tige cylindrique de 20-50 cm porte des verticilles de 3 feuilles (parfois 4) toutes les ~1 cm. Les feuilles sont étroites (1 cm × 2 mm), lancéolées, vert clair, transparentes et fines.
La plante se reproduit principalement par multiplication végétative (fragmentation de tige). Les fleurs sont rares et la reproduction sexuée quasi-inexistante dans les populations européennes (toutes les plantes introduites sont des clones femelles).
Distribution et statut
Originaire d'Amérique du Nord, l'Elodée a été introduite en Europe vers 1850, probablement via des aquariums et bassins ornementaux. Elle s'est rapidement répandue dans tous les milieux aquatiques calmes — étangs, canaux, fossés. Aujourd'hui présente dans toute l'Europe, elle est considérée comme plante invasive en France (liste IUCN), bien que sa propagation se soit stabilisée.
Pourquoi un succès pédagogique ?
- Facile à cultiver : un peu d'eau, de la lumière, ça suffit. Pas de substrat, pas de nutriments spéciaux.
- Croissance rapide : double sa biomasse en 2-3 semaines.
- Feuilles fines : observation directe au microscope sans coupe.
- Chloroplastes nombreux : excellente photosynthèse, donc beaucoup d'O₂ produit en ExAO.
- Cyclose visible : mouvement cytoplasmique facilement observable.
- Réponse rapide : la plasmolyse, l'effet d'inhibiteurs, l'effet de la lumière sont visibles en quelques minutes.
TP classiques utilisant l'Elodée
- ExAO photosynthèse (production O₂, consommation CO₂).
- Observation des cellules chlorophylliennes et de la cyclose.
- Plasmolyse en solution saline.
- Effet du DCMU sur la photosynthèse.
- Effet de la température sur la respiration cellulaire.
L'Elodée est aussi un outil de recherche : son taux de croissance lui permet de servir de bioessai pour évaluer la toxicité de produits chimiques (eaux usées, herbicides), et elle est utilisée pour la phytorémédiation des eaux polluées par les métaux lourds.
Questions fréquentes
Comment se procurer de l'Elodée ?
L'Elodée canadensis ou Elodea nuttallii ?
Marie-Hélène Bauer
Biologiste de formation et ancienne professeure de SVT en lycée pendant dix-sept ans, Marie-Hélène fonde SVT au Clair pour prolonger son métier auprès d'un public adulte. Elle couvre la biologie, le vivant, la santé et la pédagogie scientifique.