Borne de recharge en immeuble : ce que le droit à la prise a changé en 2026

Le droit à la prise permet à tout occupant d'un immeuble — propriétaire ou locataire — de faire installer une borne de recharge électrique sur sa place de parking sans vote en assemblée générale. Depuis 2021, le syndic dispose de seulement 3 mois pour s'opposer à la demande, et son silence vaut accord tacite. Pour en bénéficier, envoyez votre demande par lettre recommandée au syndic et attendez l'expiration du délai avant de lancer les travaux.
Avec plus de 1,2 million de véhicules électriques et hybrides rechargeables en circulation en France, la question de la borne de recharge en immeuble est devenue centrale pour des millions de copropriétaires et de locataires. Le droit à la prise, renforcé par plusieurs textes successifs, a profondément modifié les rapports entre résidents, syndics et copropriétés. Voici ce que ce cadre légal change concrètement pour vous en 2026.
Borne de recharge en immeuble : qu'est-ce que le droit à la prise en 2026 ?
Le droit à la prise est un droit légal permettant à tout occupant d'un immeuble — propriétaire ou locataire — de faire installer une borne de recharge pour véhicule électrique sur sa place de stationnement, à ses frais, sans vote en assemblée générale. Créé en 2014 et renforcé jusqu'en 2021, il couvre aujourd'hui tous les types de parkings.
Ce dispositif a été élargi par la loi d'Orientation des Mobilités de 2019, puis par le décret n°2020-1720 du 24 décembre 2020, en vigueur depuis le 1er janvier 2021. Ce dernier texte étend le droit à la prise aux parkings ouverts, en plus des parkings couverts et clos déjà concernés. Les locataires peuvent également en bénéficier, sous réserve d'obtenir l'accord préalable de leur propriétaire bailleur.
La recharge à domicile coûte 2 à 3 fois moins cher qu'une borne publique, ce qui rend l'installation d'une borne de recharge en immeuble particulièrement attractive sur le plan économique. Le droit à la prise répond directement à ce besoin en offrant une voie légale rapide et sans contrainte de vote collectif.
Le droit à la prise s'applique aux propriétaires occupants, aux propriétaires bailleurs (pour leurs locataires) et aux locataires avec accord du bailleur. Depuis le 1er janvier 2021, il couvre indifféremment les parkings couverts, extérieurs, clos ou ouverts.
Procédure et délais : comment exercer son droit à la prise pour une borne en immeuble ?
Pour exercer le droit à la prise, l'occupant notifie le syndic par courrier recommandé avec accusé de réception, accompagné d'un devis et d'un plan d'installation. Le syndic dispose de 3 mois pour s'opposer. Sans réponse dans ce délai, l'accord est tacite et les travaux peuvent démarrer dans les 3 mois suivants.

Depuis 2021, ce délai de réponse du syndic a été réduit de 6 à 3 mois, ce qui accélère sensiblement la procédure. Si vous êtes locataire, votre propriétaire bailleur dispose d'1 mois maximum pour transmettre votre demande au syndic. Un dossier incomplet — sans devis détaillé ou sans schéma d'installation — peut entraîner un retard ou un refus administratif.
La présentation en assemblée générale reste obligatoire, avant ou après les travaux, même si aucun vote n'est requis. Omettre cette étape expose le résident à des complications juridiques ultérieures avec la copropriété.
Les étapes clés de la procédure
- Étape 1 — Locataire : obtenir l'accord écrit du propriétaire bailleur par courrier recommandé avec accusé de réception.
- Étape 2 : faire établir un devis par un électricien certifié IRVE (Qualifelec ou AFNOR).
- Étape 3 : notifier le syndic par lettre recommandée avec accusé de réception, en joignant le devis détaillé et le schéma d'installation.
- Étape 4 : attendre 3 mois — l'absence de réponse vaut accord tacite.
- Étape 5 : réaliser les travaux dans les 3 mois suivant la notification sans opposition.
- Étape 6 : informer l'assemblée générale de l'installation, à titre purement informatif, sans vote.
Borne de recharge individuelle vs solution collective en immeuble : comparatif 2026
L'installation individuelle via le droit à la prise est plus rapide mais coûte environ deux fois plus cher au résident qu'une solution collective votée en AG. La solution collective, financée en partie par des aides ADVENIR pouvant atteindre 12 500 €, est plus adaptée aux grandes copropriétés.

Le coût d'une borne de recharge en immeuble installée à titre individuel se situe entre 1 200 € et 2 500 € TTC. À l'inverse, une infrastructure collective mutualisée revient environ deux fois moins cher pour chaque résident. Le compteur des parties communes représente la contrainte principale du droit à la prise : il ne peut généralement alimenter que 2 à 3 bornes maximum avant d'atteindre ses limites de capacité.
| Critère | Individuel (droit à la prise) | Collectif |
|---|---|---|
| Coût pour le résident | 1 200–2 500 € TTC | ~2x moins cher |
| Vote en AG requis | Non (information uniquement) | Oui (majorité absolue) |
| Délai de mise en œuvre | Rapide (3 mois) | Plus long (attente AG) |
| Aides ADVENIR max | 1 700 € | 12 500 € |
| Scalabilité | Limitée (2-3 bornes max) | Adaptée à toute la copropriété |
| Gestion facturation | Complexe (relevés manuels) | Simplifiée (système intelligent) |
Avantages et limites du droit à la prise pour une borne de recharge en immeuble
Le droit à la prise offre une autonomie totale au résident sans coût pour la copropriété, mais il reste limité par la capacité du compteur commun (2-3 bornes max), un coût unitaire plus élevé et une gestion de facturation complexe. Il est particulièrement adapté aux petites copropriétés.
- ✅ Droit garanti par la loi, aucun vote d'AG requis
- ✅ Accord tacite en 3 mois si le syndic ne répond pas
- ✅ Zéro coût pour la copropriété — frais 100 % à la charge du demandeur
- ✅ Recharge à domicile 2 à 3 fois moins chère qu'une borne publique
- ✅ Accessible aux locataires avec accord du propriétaire
- ✅ Valable pour tous types de parkings depuis 2021
- ❌ Coût individuel environ 2x plus élevé qu'une solution collective
- ❌ Compteur commun limité à 2-3 bornes, risque de disjonctions
- ❌ Refus possible pour motif technique légitime ou projet collectif en cours
- ❌ Obligation d'un compteur individuel (décret n°2011-873 du 25 juillet 2011)
- ❌ Gestion de facturation complexe avec relevés manuels
- ❌ Dossier incomplet = demande retardée ou bloquée
Si votre copropriété compte plus de 5 résidents susceptibles d'installer une borne de recharge, présentez directement un projet collectif en AG. Vous bénéficierez d'aides ADVENIR jusqu'à 12 500 € et d'un coût par résident deux fois inférieur à celui du droit à la prise individuel.
Obligations de pré-équipement et normes techniques pour les bornes de recharge en immeuble
Depuis 2021, tout immeuble neuf doit prévoir une infrastructure permettant l'installation d'un point de recharge sur chaque place de stationnement. Les installations de plus de 3,7 kW nécessitent un électricien certifié IRVE et une validation Consuel. La norme NF C 15-100 s'applique à toutes ces installations.

Le décret n°2021-546 du 4 mai 2021 fixe les obligations selon la date du permis de construire. Pour les bâtiments dont le permis a été déposé entre 2017 et le 11 mars 2021, les règles varient selon la taille du parking. Les rénovations importantes déclenchent également ces obligations dès lors que leur coût atteint 25 % de la valeur du bâtiment.
| Période du permis de construire | Obligation de pré-équipement |
|---|---|
| Avant le 1er janvier 2017 | Aucune obligation de pré-équipement |
| 1er janvier 2017 – 11 mars 2021 | 50 % des places (≤ 40 places) ou 75 % des places (> 40 places) |
| Après le 11 mars 2021 | Infrastructure pour 100 % des places à terme |
Sur le plan technique, une borne 7,4 kW monophasée requiert un câble de section 6 mm² conformément à la norme NF C 15-100. Tout électricien intervenant sur une borne de recharge en immeuble dépassant 3,7 kW doit détenir une certification IRVE délivrée par Qualifelec ou AFNOR. Le Consuel valide ensuite la conformité de l'installation avant sa mise en service.
Aides financières 2026 pour installer une borne de recharge en immeuble
En 2026, deux dispositifs principaux cofinancent l'installation d'une borne de recharge en immeuble : le programme ADVENIR (jusqu'à 12 500 € pour les projets collectifs, couvrant jusqu'à 50 % du coût) et le crédit d'impôt transition énergétique (75 % du coût, plafonné à 300 €). L'installation par un professionnel certifié IRVE est obligatoire pour bénéficier de ces aides.

Le programme ADVENIR propose plusieurs niveaux de subvention selon la nature du projet. Pour une installation individuelle via le droit à la prise, le plafond atteint 1 700 € par point de recharge. Les copropriétés optant pour une solution collective peuvent prétendre à jusqu'à 12 500 € par projet, avec une prise en charge allant jusqu'à 50 % du coût total. Enedis peut également financer les travaux de renforcement de l'infrastructure collective, sans coût direct pour la copropriété.
- ADVENIR collectif : jusqu'à 12 500 € par projet, couvrant jusqu'à 50 % du coût total de l'installation.
- ADVENIR individuel : jusqu'à 1 700 € par point de recharge pour les résidents en copropriété.
- ADVENIR maisons individuelles et immeubles : jusqu'à 300 € par point de recharge.
- Crédit d'impôt transition énergétique : 75 % du coût, plafonné à 300 €, sous réserve d'un installateur certifié IRVE.
- Prise en charge Enedis : les travaux de renforcement de l'infrastructure collective peuvent être financés via le réseau public.
Cumulez les aides disponibles : un résident en copropriété peut combiner le programme ADVENIR individuel (jusqu'à 1 700 €) et le crédit d'impôt (jusqu'à 300 €) pour réduire significativement le coût d'une installation entre 1 200 € et 2 500 € TTC. Vérifiez l'éligibilité de votre installateur sur le registre IRVE avant de signer tout devis.
Conclusion : passez à l'action dès maintenant
Le droit à la prise simplifie l'accès à une borne de recharge en immeuble pour tout résident, propriétaire ou locataire, sans dépendre d'un vote en assemblée générale. La procédure en six étapes est accessible, le délai d'accord tacite réduit à 3 mois depuis 2021, et les aides financières disponibles permettent d'abaisser sensiblement le coût réel de l'installation.
Commencez par évaluer le nombre de résidents potentiellement intéressés dans votre copropriété : si vous êtes seul ou peu nombreux, le droit à la prise individuel reste la voie la plus rapide. Au-delà de 3 bornes envisagées, une solution collective votée en AG s'impose pour contourner les limites du compteur commun et bénéficier des aides ADVENIR maximales. Faites établir un devis par un électricien certifié IRVE et notifiez votre syndic par courrier recommandé avec accusé de réception dès que votre dossier est complet.
Questions frequemment posees
Comment faire installer une borne de recharge dans mon immeuble en 2026 ?
Envoyez une demande par lettre recommandée avec accusé de réception à votre syndic (si vous êtes locataire, obtenez d'abord l'accord écrit de votre propriétaire). Le syndic dispose de 3 mois pour s'opposer. Sans réponse dans ce délai, l'accord est tacite et vous pouvez lancer les travaux dans les 3 mois suivants, entièrement à vos frais.
Le syndic peut-il refuser l'installation d'une borne de recharge ?
Oui, mais uniquement pour des raisons techniques sérieuses et légitimes, comme une installation électrique incompatible ou une impossibilité structurelle. Un refus de principe ou un désaccord de principe de la copropriété ne constitue pas un motif valable. Le refus doit être motivé par écrit dans un délai de 3 mois.
Combien coûte l'installation d'une borne de recharge en immeuble ?
Le coût varie selon la configuration de l'immeuble et la distance entre le tableau électrique et la place de stationnement. Une solution individuelle est entièrement à la charge du demandeur, mais des aides financières existent : le programme ADVENIR et un crédit d'impôt peuvent réduire significativement la facture. Une infrastructure collective mutualisée, votée en AG, revient en moyenne deux fois moins cher par résident.
Le droit à la prise s'applique-t-il aux parkings extérieurs ?
Oui. Depuis le décret n°2020-1720 du 24 décembre 2020, entré en vigueur le 1er janvier 2021, le droit à la prise couvre tous les types de parkings : couverts, clos et désormais ouverts. Il s'applique à tout occupant disposant d'une place de stationnement attitrée dans la résidence.
Quelle est la différence entre une installation individuelle et une infrastructure collective en immeuble ?
L'installation individuelle est réalisée via le droit à la prise, sans vote en AG, aux frais exclusifs du demandeur. L'infrastructure collective est votée en assemblée générale à la majorité absolue et mutualisée entre plusieurs résidents, ce qui la rend en moyenne deux fois moins coûteuse par foyer. La solution collective est souvent recommandée dans les immeubles où plusieurs résidents ont des véhicules électriques.
Les immeubles neufs sont-ils obligés de prévoir des bornes de recharge ?
Oui. Pour les permis de construire déposés entre le 1er janvier 2017 et le 11 mars 2021, les parkings de moins de 40 places doivent être pré-équipés à 50 % et ceux de plus de 40 places à 75 %. Des obligations encore plus strictes s'appliquent aux permis déposés après le 11 mars 2021, conformément au décret n°2021-546 du 4 mai 2021.
Marie-Hélène Bauer
Biologiste de formation et ancienne professeure de SVT en lycée pendant dix-sept ans, Marie-Hélène fonde SVT au Clair pour prolonger son métier auprès d'un public adulte. Elle couvre la biologie, le vivant, la santé et la pédagogie scientifique.


